La Foire aux Chevaux

Les origines exactes de la foire aux chevaux de Fay sur Lignon se perdent dans des siècles de tradition.Depuis des temps immémoriaux, la place du foirail est le théâtre de nombreuses foires parmi les plus importantes de la région, qui ont fait du bourg un lieu de commerce important entre les routes du Rhône et du Velay, entre le bassin du Puy et les vallées des Boutières en haut Vivarais.

On y vient de loin pour échanger légumes, grain, fromage, châtaigne, pommes de terre, sel, vin, huiles, étoffes, outils, bétail, laine, chanvre. Jusqu'au milieu du XXeme siècle, les foires et marchés sont le seul moyen pour les habitants de se fournir en vêtements, outils et aliments qui ne sont pas produits dans un secteur proche.

 

Au cours du XIXeme siècle, un manque de production équine est constatée en Haute-Loire. Les chevaux du département sont mal choisis et mal entretenus. Les rares paysans possédant une jument préfèrent la consacrer à la production de mules et de mulets, plus faciles à élever et à commercialiser, et les maquignons importent les poulains du Berry, de Bretagne et de Bourgogne, ce qui fini par devenir un gouffre financier pour le département.

 

 

En 1876, Pierre de Kergolay, député de la Haute-Loire et grand amateur de chevaux, instaure à Fay le Froid (nom du village jusqu'en 1922) un concours de la race chevaline du Mezenc. Le but est d'améliorer la race en sélectionnant les meilleurs reproducteurs, et de promouvoir l'utilisation du cheval. C'est un succès, et le canton de Fay est désormais réputé pour les petits chevaux trapus, nerveux et rustiques que l'on y trouve. D'années en années la race est améliorée, notamment par l'utilisation d'étalons sélectionnés parmi les percherons et les postiers bretons. Le cheval du Mezenc, parfois appelé « cheval de Fay », est un cheval bai au pied sûr, utilisable par temps de neige, qui continuera à rendre de grands services aux paysans jusqu'aux années soixante.

 

 

Bien que l'importance et le nombre de foires tendent à diminuer au cours du XXeme siècle, la foire aux chevaux reste fidèle à son poste et attire toujours de nombreux curieux et professionnels. Elle a su évoluer au cours des siècles pour s'adapter à la demande, et représente encore aujourd'hui une vitrine pour les éleveurs de la région, un point de ralliement où l'on découvre et échange les idées, les produits, les techniques et nouveautés.

 

 

Plus de 300 bêtes sont présentées chaque année et les acheteurs sont prêts dès l'aube afin de conclure la meilleure affaire. Sur la place du foirail, on négocie encore en francs, on a le verbe haut. La transaction se scelle d'une claque dans la main ; c'est la «patche». Le petit matin est parfois glacial, on casse la croûte dans les cafés bordant la place. Tripes et pot-au-feu sont là pour réchauffer les passants et les aider à affronter cette mémorable journée. Au milieu des forains et des marchands, il n'est pas surprenant de croiser un lamas ou même un dromadaire. La foire du 20 octobre ne ressemble à aucune autre, et il est difficile d'arrêter son attention tant il y a de scènes à immortaliser.